Haut-Uele

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Le district du Haut-Uele, situé dans la Province Orientale, a connu une histoire mouvementée. Dans les années 1960 déjà, Haut-Uele a été affecté par la rébellion Simba contre le gouvernement congolais. Plus récemment, la LRA a emménagé dans la région à la fin de 2005, et a installé son siège dans le Parc National de la Garamba. En septembre 2008, le groupe a lancé ses meurtres brutaux et attaques contre des civils suite à l’offensive conjointe “l’opération Lightning Thunder” visant à détruire les camps de la LRA à la Garamba et de vaincre le mouvement LRA. Cette attaque a échoué et la LRA se tourna vers les civils congolais. Subdivisée en petits groupes elle a lancé une série d’attaques qui a abouti à des massacres, connu comme les « massacres de Noël » en Décembre 2008 et Janvier 2009. Des centaines de personnes ont été tuées, enfants et adultes capturés et des milliers de personnes ont été déplacées. En 2011, OCHA estime que près de 348.000 personnes ont été déplacées en RDC dans la région touchée par la LRA (OCHA 2011). En conséquence, en septembre 2014, à peu près 104.000 de personnes ont été déplacées en Haut-Uele (OCHA 2014). D’autres ont fui vers d’autres districts ou sont retournés dans leurs foyers. Haut-Uele compte alors encore plus de 104.000 personnes déplacées depuis les attaques de la LRA en 2008-2009. Dans toute la zone touchée LRA, des camps de déplacés soudainement ont apparu. Les communautés d’accueil ont dû se réorganiser et partager leurs terres avec les personnes déplacées. Des conflits ont surgi entre les communautés hôtes et les communautés déplacées lorsque les ONG distribuaient des articles alimentaires et non alimentaires avec une attention particulière aux communautés déplacées. Les organisations de la société civile et les autorités ont fortement sensibilisé la population et les ONG ont changé leur politique. C’est alors que les conflits ont diminué. Néanmoins, l’harmonie sociale est toujours un défi au quotidien.
Le retour, cependant, des personnes déplacées est très difficile. Malgré que l’ampleur du groupe LRA a fortement baissé, l’insécurité persiste jusqu’à ces jours, car plusieurs hommes armés scionnent dans cette région. En outre, beaucoup de zones ont été totalement abandonnées et sont abandonnés par la population, ce qui complique le retour car il faudra tout recommencer. Les ONG ont construit des écoles, des sources d’eau et des centres de santé dans les centres sécurisés ou près de camps des déplacées, mais pas dans les villages d’origine. Mondo Misa par exemple, dans le district de Faradje, est maintenant complètement déserté et manque des écoles, des maisons, des sources d’eau, des centres de santé, etc. Certaines personnes déplacées dans la région marchent pendant des heures pour travailler sur leurs champs dans leur village d’origine et retournent au camp pour y dormir.
Néanmoins les personnes déplacées ont des difficultés particulières en terme d’accès à la justice. Par conséquent, des comités de déplacées ont été développés pour assurer la justice et la sécurité pour la population de déplacés dans les camps. Dans la plupart d’entre eux, un chef de camp a été élu et donne des conseils en cas de conflits quotidiens. Néanmoins, ils sont parfois confrontés à la résistance, par le chef de village de la communauté hôte. Dans certains cas, les camps sont contrôlés par “les gardes de sécurité du camp,”.
Avec cette recherche, nous avons l’objectif de mieux comprendre la façon dont les déplacés s’organisent pour accéder à la justice et comment les acteurs de la justice, les autorités, les militaires, les organisations et les ONG de la société civile essaient d’améliorer l’accès à la justice et d’accompagner les plaideurs et les accusés afin de trouver une justice. Comment ces acteurs collaborent ou travaillent-ils dans des structures parallèles ?
L’équipe de recherche en Haut-Uele est composé de: Koen Vlassenroot, directeur du CRG à l’Université de Gand et coordinateur de ce programme de recherche; Hélène Flaam, chercheuse à l’Université de Gand; Ernest Sugule, directeur exécutif de l’ONG SAIPED à Dungu et Jean-Claude Malitano, coordinateur de l’ONG APRU dans le district de Faradje.